Ceux qui connaissent l’historique de cette initiative savent quel est son but: elle s’élève contre la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et veut délier la Suisse du domaine d’application de cette convention du Conseil de l’Europe. C’est ce qu’a confirmé le conseiller national UDC, Hans-Ueli Vogt, qui en est le principal initiateur. Il déclare que «sortir de la CEDH fait partie de l’orientation de l’initiative.» La Suisse renoncerait alors à l’un des plus grands acquis en termes de civilisation de la seconde moitié du 20e siècle. Il n’en est absolument pas question! En 65 ans d’existence, la CEDH est peut-être devenue le principal instrument de protection des droits de l’homme en Europe. Ceci est dû en particulier à la création d’un tribunal surveillant son respect: la Cour européenne des droits de l’homme (Cour EDH) de Strasbourg. Les personnes qui se sentent victimes d’une atteinte aux droits de l’homme peuvent déposer leurs plaintes jusqu’à cette cour.
Elle est chargée de protéger les droits de chaque individu. Il ne s’agit pas d’une convention de protection des minorités ou des personnes appartenant à des minorités à proprement parler et elle ne défend pas non plus certains droits des minorités en particulier. Néanmoins, en matière de droits individuels, la CEDH procure aux membres des minorités des garanties très importantes dans leur vie quotidienne et les protège contre les attaques dont ils sont victimes du fait de leur appartenance à une minorité. Par exemple, l’article 9 de la CEDH garantit la liberté de religion et donc le droit pour les membres de minorités religieuses de pratiquer leur religion et de se reconnaître à travers elle. Le droit à la vie privée permet également de déterminer soi-même sa forme de vie et de logement. C’est pourquoi la CEDH protège le mode de vie des gens du voyage. L’interdiction de discrimination correspond au droit des individus à être tous traités de la même manière, quelles que soient leur appartenance à une minorité, leur religion, leur origine, leur langue ou une autre raison.
L’adhésion de la Suisse au Conseil de l’Europe a également une importance politique. L’idée est de se revendiquer d’un espace juridique et culturel européen commun et de s’engager en faveur du respect des droits de l’homme dans toute l’Europe afin que chaque personne, notamment les membres de minorités, puisse vivre dans la dignité.
La GMS et la GRA rejettent l’initiative sur l’autodétermination de l’UDC pour toutes ces raisons.
Wer der Entstehungsgeschichte dieser Initiative nachgeht, der weiss, was sie will: Sie richtet sich gegen die Europäische Menschenrechtskonvention (EMRK) und will die Schweiz aus dem Geltungsbereich der EMRK des Europarates herauslösen. Das hat der Hauptinitiant, SVP-Nationalrat Hans-Ueli Vogt, bestätigt. Er sagt «Die Kündigung der EMRK liegt in der Stossrichtung der Initiative.». Damit würde die Schweiz sich von einer grossen zivilisatorischen Errungenschaft der zweiten Hälfte des 20. Jahrhunderts verabschieden. Das darf auf keinen Fall geschehen! Die EMRK ist in den 65 Jahren ihres Bestehens zum vielleicht wichtigsten Instrument zum Schutz der Menschenrechte in Europa geworden. Dies ist insbesondere darauf zurückzuführen, dass es ein Gericht gibt, das die Einhaltung der EMRK überwacht: den Europäischen Gerichtshof für Menschenrechte, kurz EGMR, in Strassburg. Einzelpersonen, die sich als Opfer einer Menschenrechtsverletzung fühlen, können ihr Anliegen bis zum EGMR bringen.
Die EMRK schützt die individuellen Rechte eines jeden Menschen. Sie ist kein eigentliches Abkommen zum Schutz von Minderheiten oder Minderheitsangehörigen und kennt auch keine spezifischen Minderheitenrechte. Nichtsdestotrotz lassen sich aus den Individualrechten der EMRK zahlreiche Garantien ableiten, die auch für Angehörige von Minderheiten im Alltag von grosser Bedeutung sind und sie vor Eingriffen schützen, die gerade damit zusammenhängen, dass sie einer Minderheit angehören. So schützt beispielsweise Art. 9 EMRK die Religionsfreiheit und damit auch die Rechte von Angehörigen religiöser Minderheiten, ihre Religion zu leben und sich auch dazu zu bekennen. Das Recht auf Privatleben schützt auch das Recht, seine Lebens- und Wohnform selbst bestimmen zu können. Darum wird die Lebensweise von Fahrenden von der EMRK geschützt. Und das Diskriminierungsverbot schützt davor, dass jemand aufgrund seiner Zugehörigkeit zu einer Minderheit, seiner Religion, seiner Herkunft, seiner Sprache oder ähnlichen Gründen seine Rechte nicht gleich ausüben kann wie alle anderen.
Die Mitgliedschaft der Schweiz im Europarat hat auch eine politische Bedeutung. Es geht darum, sich zu einem gemeinsamen europäischen Rechts- und Kulturraum zu bekennen und sich dafür zu engagieren, in dem in ganz Europa die Menschenrechte gewahrt werden und jeder – namentlich Angehörige von Minderheiten – in Würde leben kann.
Aus diesen Gründen lehnen GMS und GRA die sogenannte Selbstbestimmungsinitiative der SVP ab.