Monthly Archives: octobre 2020


Position de la GMS «Les impacts de la pandémie de COVID sur les sans-papiers à Zurich»

Les sans-papiers sont des personnes qui n’ont pas de statut de séjour réglementé. Soit leur demande d’asile a été définitivement rejetée, soit ils ont perdu leur permis de séjour. Il y a aussi des sans-papiers qui n’ont fait une demande d’asile ou n’ont jamais eu de permis de travail. Sur mandat de l’Office de l’économie et du travail et de l’Office des migrations du canton de Zurich, les deux bureaux de conseil ECO-Plan et KEK-Beratung ont réalisé cette année une étude sur les sans-papiers dans le canton de Zurich, selon laquelle on estime à 24 900 le nombre de sanspapiers vivant dans le canton de Zurich.

Pendant le confinement, les conditions de vie des sans-papiers se sont extrêmement détériorées et leurs problèmes déjà multiples sont devenus plus visibles et plus importants. Les effets négatifs de la pandémie de COVID sur les sans-papiers se sont consolidés dans différents domaines de vie:

 

Perte de revenues

De nombreux sans-papiers travaillaient dans des ménages privés et dans des conditions d’emplois précaires. La plupart des employeurs ne veulent prendre aucun risque en raison de la pandémie. En raison du confinement et du télétravail, beaucoup ont perdu leur emploi. De ce fait, ils n’ont plus de revenus et n’ont pas droit aux prestations sociales ou au chômage. Du jour au lendemain, ils ont perdu leurs moyens de subsistance.

 

Isolation sociale

Les sans-papiers vivent en marge de la société, ils vont aussi discrètement que possible de chez eux au travail et vice-versa. Les activités de loisirs étant risquées car ils peuvent être découverts et renvoyés, celles-ci sont donc rarement pratiquées. En raison de la pandémie, les gens doivent s’enregistrer dans de nombreux endroits, ce qui n’est pas possible pour les sans-papiers, car ils doivent rester anonymes ou ne peuvent pas s’identifier. Ce qui signifie être exclu partout.

 

Formation (cours d’allemand)

Les sans-papiers n’ont pas les moyens de suivre des cours d’allemand payants. Ils bénéficient de cours d’allemand gratuits à l’école autonome de Zurich ou par le biais du réseau de solidarité de Zurich. Pendant le confinement, les cours d’allemand n’étaient possibles que par le biais de l’enseignement à distance. Mais à cette fin, un accès à Internet et à un ordinateur sont nécessaires, ce qui, pour de nombreux sans-papiers, constituent un obstacle insurmontable.

 

Alimentation

Il y a des sans-papiers qui ne peuvent joindre les deux bouts que grâce à diverses offres de soutien, par exemple par des dons de nourriture ou des lieux où ils peuvent manger à bon marché. Ces aides étaient également fermées pendant le confinement. Bien que certaines de ces aides fonctionnent à nouveau, l’accès à la nourriture est toujours plus difficile qu’avant la pandémie.

 

Mobilité

Les coûts de la mobilité sont relativement élevés pour les faibles revenus, c’est le cas pour les sanspapiers. A présent ils sont dans l’obligation de porter des masques engendrant des coûts supplémentaires et limitant donc encore plus la mobilité des sans-papiers.

 

Santé

De nombreux sans-papiers n’ont pas de caisses maladie et ne peuvent donc généralement pas consulter un médecin. Pour un test corona toutefois, ils doivent pouvoir s’identifier. Cela n’étant pas possible, ils ne peuvent donc pas être testés, même s’ils présentent des symptômes.

 

Offre d’aide aux sans-papiers

Heureusement, pendant le confinement, de nouveaux projets ont vu le jour, tels que le projet « Essen für Alle » (Nourriture pour tous). Grâce à cela, les personnes dans le besoin peuvent recevoir une fois par semaine, un sac d’aliment de base et de légumes. Celui-ci contient de l’huile, du riz, de la farine, des pommes de terre, des oignons et du concentré de tomate, de plus de légumes et de fruits sont distribués.

Pendant le confinement, le point de contact des sans-papiers à Zurich SPAZ a pris en charge grâce aux dons, en plus des offres de soutien habituelles, les frais de loyer et de caisses maladie. Ils ont également soutenu les sans-papiers dans le cas où ils auraient besoin de soins d’urgence.

A l’école autonome, les sans-papiers peuvent assister à tous les cours proposés. Celle-ci propose diverses activités sportives ainsi que des cours de langue.

De plus la Croix-Rouge suisse, Caritas, le travail social du père Sieber et d’autres organisations d’aide soutiennent les sans-papiers par de petites contributions financières, des vêtements, de la nourriture et des offres d’hébergement. Malgré cette grande solidarité, la situation des sans-papiers reste très difficile et beaucoup vivent dans des conditions extrêmement précaires.

 

Point de vue (PDF)

Aux points de vue